M. Grégoire et ses guitares

1614280_10202557918562792_471901623_oComme vous le savez peut-être M. Grégoire, notre cher professeur de français et/ou de religion,  occupe son temps libre à une passion complexe et pour le moins étonnante, il est en effet luthier ! Nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions. Oui oui de vrais curieux.  😉

Depuis quand êtes vous luthier ?

En fait, je suis encore en apprentissage. Je viens de terminer ma quatrième année d’étudiant en lutherie. Plus précisément, j’apprends à fabriquer des guitares, spécifiquement des guitares acoustiques, à cordes métalliques.

Qu’est ce qui vous passionne là dedans ?

Ah ! Avant tout, je crois que c’est la beauté indescriptible des bois. Et puis c’est une sorte d’alchimie. Les alchimistes cherchaient à transformer du plomb en or, et ce n’était pas qu’une quête scientifique. Il y avait aussi une dimension immatérielle dans cette quête. En lutherie, on part de morceaux d’arbres, des planches, et à l’autre bout du processus, on a une guitare, qui est un magnifique objet, mais qui est aussi un instrument de musique, c’est-à-dire un moyen d’expression et de communication inépuisable, infini !

Jouez-vous de la guitare?

Oui, je m’y suis mis assez tard, il y a 8 ou 9 ans … Mais mieux vaut tard que jamais ! Je joue surtout de la guitare acoustique, dans un style qu’on appelle le “fingerstyle” : cela veut dire qu’on joue aux doigts, des morceaux instrumentaux qui se suffisent à eux-mêmes, qui n’accompagnent pas une chanson, par exemple. Mais depuis que je suis étudiant en lutherie, j’ai fort peu de temps pour jouer … Cela reviendra !

466865_3501398287268_396620181_oEst-ce parfois difficile (la fabrication etc.) ?

Bien sûr ! Souvent, même. Au fil des expériences, un savoir-faire s’acquiert, évidemment, et je n’ai plus comme au début peur de mal faire ou de casser ce que je fabrique. Mais le bois est un matériau toujours différent, qui surprend parfois par ses réactions, qui “désobéit”. Parfois, il faut le laisser décider … Mais c’est une discipline très exigeante, qui consiste toujours à préparer une pièce avec une extrême précision, au dixième de millimètre. Ce qui est parfois difficile aussi, c’est l’immense patience indispensable pour arriver au bout d’un projet.

Vous fabriquez uniquement pour vous ?

Jusqu’à présent, oui. Ce sont mes travaux d’étudiant. J’espère bien sûr pouvoir prolonger cela en réalisant l’instrument dont rêve tel ou tel musicien !

1614086_10202848463106224_1839660028_oEst ce compliqué de gérer son temps en étant professeur en même temps ?

Effectivement, mais je crois que ce serait pareil quelles que soient les études poursuivies. Ici, tout de même, il y a une sorte de respiration entre une activité plutôt intellectuelle, psychologique et sociale, celle du professeur, et une activité davantage sensorielle, pratique et solitaire, celle du luthier. Cela s’équilibre plus ou moins !

Qu’est ce qui vous a donne envie d’être luthier ?

Deux facteurs se sont rencontrés. D’une part, j’ai toujours aimé le contact et le travail du bois, même si j’étais très loin d’imaginer dans mes bricolages le niveau d’exigence que requiert la lutherie. Et d’autre part le fait de me mettre passionnément à jouer de la guitare il y a une dizaine d’années. Ces deux aspects se sont entrechoqués, et l’envie de connaître l’instrument de l’intérieur s’est rapidement imposée.

1960912_10202548431365618_145287072_oCombien de temps faut-il pour fabriquer un instrument ?

Dans mon expérience de débutant, je pense qu’il me faut au moins 5 à 6 mois à temps plein. Mais avec le métier, il parait qu’on peut faire des merveilles en 500 heures, soit deux fois plus vite. La patience intervient, car il faut parfois laisser un bois sécher ou s’acclimater, attendre que la météo soit propice à tel collage, laisser reposer un vernis … On ne peut pas tout enchainer … Je parle de la lutherie artisanale. Sinon, il y a des usines qui font des dizaines de guitares par jour !

Vous avez votre propre atelier ?

Oui, c’est mon bureau de prof !!! Donc non, pas de véritable atelier. Mais je m’équipe petit à petit, et mon dernier instrument a été fait à 95% à la maison. Quelques travaux ont été faits à l’école, avec des outils que je n’ai pas. Je suis presque autonome, ce qui est le but. Souvent, je me fabrique l’outil dont j’ai besoin. C’est très intéressant (et économique) de se fabriquer un outil qui servira ensuite autant qu’on veut à fabriquer de multiples instruments.

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Merci !
Sara Brabant

 

En son et en images, sa première “Western Guitar”

 

 

La dernière guitare réalisée à ce jour. Ici dans les mains de Sietze Bouma (au chant : Janna van der Veen)

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