Étudier à l’étranger c’est aussi possible pour les élèves du secondaire

Étudier à l’étranger c’est aussi possible pour les élèves du secondaire

Moins connu que le programme Erasmus, Expedis permet aux élèves du secondaire (dès la 3e) de poursuivre leurs études à l’étranger pendant trois mois, six mois, un an. Dans cette interview, Yolanthe, élève de 6e, vous raconte son expérience en Espagne.

Comment t’es venue l’idée de faire ce voyage ?

Ma sœur a fait une deuxième rhéto aux États-Unis. Je trouvais cela intéressant de le faire moi aussi mais étant donné qu’il y a un âge limite (en secondaire, c’est 18 ans et demi au début du programme maximum) je l’ai fait avant d’avoir mon CESS et durant trois mois, ce qui est la période maximale en sixième.

Pourquoi l’as-tu fait ? Qu’espérais-tu que cela t’apporte ?

Premièrement, c’est un défi en plus. Cela relève encore la difficulté de l’apprentissage et c’est donc plus motivant. Ensuite, cela permet bien-sûr d’apprendre une langue étrangère et de la pratiquer avec des gens dont c’est la langue maternelle. Et puis, c’est aussi un changement de culture. C’est intéressant de voir comment se passe la vie à d’autres endroits et ça permet de changer de paysage. Toutefois, c’est plus fatigant que des vacances !

Concrètement, qu’est-ce que ça t’a apporté, pour maintenant ou plus tard ?

Déjà, je sais me débrouiller en espagnol, autant pour le comprendre que le parler. J’espère ne pas perdre cet avantage. Ensuite, cela apporte de l’autonomie car, même avec une famille d’accueil, des amis, etc., on se retrouve sans pouvoir compter sur ses parents dans un nouvel environnement, avec de nouvelles personnes, des autres habitudes de vie et, surtout, une nouvelle langue. Il est donc très important de savoir vite se débrouiller. Finalement, cela m’ouvre d’autres perspectives d’avenir. Si plus tard je veux habiter et travailler en Espagne par exemple, ce que j’ai appris me sera très utile.

Vois-tu un point négatif ? Est-ce que quelque chose t’a déçue ?

Ça peut paraître étonnant mais d’après moi, c’était le retour le plus difficile. J’étais bien-sûr contente de revoir ma famille et mes amies, en plus je reste en contact avec ma famille d’accueil et mes amis espagnols mais j’ai été assez déçue en rentrant en Belgique. Surtout par rapport à l’école. J’avais bien aimé la façon dont ils donnaient cours là-bas et le défi me stimulait. En rentrant au collège, je me suis retrouvée avec de nouveaux profs, une nouvelle classe, dans une nouvelle année, avec d’autres méthodes. C’est normal de changer de professeurs pour une nouvelle année mais dans mon cas tout le monde était déjà habitué et bien lancé dans l’année, sauf moi, qui venait de débarquer en rhéto (même si j’avais déjà eu une semaine de cours avant mon départ). J’ai parfois aussi l’impression d’avoir manqué des choses, avec mes amies par exemple.

Comment cela s’est-il passé du point de vue administratif ?

Ma première démarche, en novembre 2016, ça a été de prendre une semaine de cours d’espagnol. J’ai bien aimé donc je me suis inscrite sur le site de WEP, une organisation qui permet les échanges linguistiques et culturels. Ils vérifient alors si on a le bon profil et les bonnes motivations pour le voyage en réalisant une interview, un test, et une visite chez un psychologue. Il y a également un dossier de questions à remplir sur notre famille, notre école, nos attentes, … Ayant été acceptée (il est très rare qu’ils refusent une candidature), j’ai dû rédiger une lettre qui a été envoyé aux familles d’accueil en Espagne afin de les aider à choisir. Il ne me restait ensuite qu’à attendre le départ. C’était assez difficile car je doutais tout le temps. Et puis est arrivé le 10 septembre 2017, jour de mon départ. Une fois en Espagne, j’ai eu une semaine libre que j’ai passée à faire connaissance avec ma famille et à visiter. Puis l’école a commencé.

Qu’est-ce qui est nécessaire pour faire un Erasmus (du moins en secondaire) ?

Il faut avoir l’autorisation de l’école et don du directeur. Je suis donc allée voir M. Moreau pour avoir son accord et il me l’a donné. Bien entendu, il faut avoir certaines facilités dans l’apprentissage et une grande motivation pour être accepté. Pour les étudiants d’écoles francophones, il y a un programme spécial qui s’appelle Expedis dont il faut suivre les règles pour que le séjour compte légalement dans l’année scolaire.

Que conseillerais tu à ceux qui veulent faire comme toi ?

Premièrement, d’apprendre les bases de la langue qu’ils vont devoir parler avant de partir. Ensuite, de le faire uniquement pour eux, ce sera alors plus facile et plus chouette. Toutefois, il ne faut pas avoir peur de se lancer, d’autres l’ont fait et ce n’est pas si dur que ça en a l’air. Pour finir, une fois arrivés, ils susciteront probablement de la curiosité, à l’école par exemple. Des gens vont venir leur parler mais c’est ensuite à eux d’aller vers les gens pour bien s’intégrer. C’est vraiment important de se faire de nouveaux amis là-bas, c’est même mieux que de garder contact avec ses amis de Belgique car, lorsqu’on est coupé de son pays d’origine, on profite plus de cette expérience rare et on s’habitue plus vite.

Comment décrirais-tu ton expérience en quelques mots ?

Ce fut très enrichissant ! J’ai appris, découvert énormément de nouvelles choses, j’ai également de nouveaux amis et je sais plus ou moins parler espagnol.

 

Anaïs Larue

Rédiger un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *